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06 Feb
06Feb

Face à la multiplication de dérives spirituelles et sanitaires, la Conférence Épiscopale Burkina-Niger durcit le ton. Les évêques rappellent que l'huile de dévotion ne doit en aucun cas se substituer aux sacrements officiels ni mettre en danger la vie des croyants.

Par la Rédaction (avec Padré Charles)

C’est un rappel à l’ordre ferme qui résonne dans les diocèses du Burkina Faso. Inquiets de voir certaines pratiques dévotionnelles échapper au contrôle pastoral, les évêques ont clarifié les raisons pour lesquelles la bénédiction de l’huile apportée par les fidèles est désormais strictement encadrée, voire interdite dans de nombreux contextes.

1. La fin des « remèdes miracles » et des abus spirituels

L'Église dénonce une déformation de la foi où l'huile est présentée comme une arme magique contre les démons ou une potion médicinale. L’interdiction vise à protéger les fidèles contre des individus qui encouragent l’ingestion d’huile ou son application corporelle à des fins superstitieuses, des usages jugés contraires à la théologie catholique.

2. Un impératif de santé publique

Le constat est alarmant : certains fidèles utilisent l'huile comme collyre pour les yeux ou l'appliquent sur des parties intimes. « L'Église refuse toute pratique qui mettrait la vie ou la santé des fidèles en danger », rappellent les autorités ecclésiales. L’ingestion massive d'huiles non contrôlées représente un risque médical sérieux que le clergé ne veut plus cautionner.

3. Préserver la dignité des sacrements

Dans la tradition catholique, seules les huiles consacrées par l’évêque (Saint Chrême, huile des malades et des catéchumènes) ont une valeur sacramentelle. Laisser les fidèles utiliser leur propre huile pour des « auto-onctions » crée une confusion théologique majeure et dévalue le rôle du prêtre et la force du sacrement officiel.

4. Freiner le « business » de la foi

L’interdiction s’attaque également au commerce lucratif qui s’est développé autour de « l’huile de guérison ». Des vendeurs sans scrupules proposent des fioles prétendant guérir des maladies graves comme le VIH/SIDA. En agissant ainsi, l’épiscopat entend protéger les populations les plus vulnérables contre l’exploitation financière.

Une tolérance sous haute surveillance

Toutefois, la mesure n'est pas une fermeture totale. Les évêques autorisent certains prêtres à procéder à ces bénédictions, mais sous des conditions strictes :

  • Prudence et discernement systématiques.
  • Catéchèse rigoureuse pour expliquer le sens du rituel.
  • Respect de la discipline diocésaine, certains évêques accordant des permissions spécifiques à l’échelle de leur juridiction.

Ce recadrage rappelle que si la dévotion populaire est une richesse, elle doit rester soumise à la discipline ecclésiale pour ne pas basculer dans l'ésotérisme ou le charlatanisme.

TMNews@110226

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