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De Bangassou à la frontière du Soudan du Sud, le Père Aurelio Gazzera et la Plateforme des Confessions Religieuses multiplient les missions de paix et d'assistance. Malgré des infrastructures dévastées et une insécurité persistante, les premiers signes d’un retour à la normale apparaissent à Bambouti et Zemio.
Le périple est à l'image du pays : éprouvant. Pour rejoindre son diocèse de Bangassou depuis Bangui, le Père Aurelio Gazzera a dû affronter 750 kilomètres de pistes « à peine praticables », un voyage de deux jours marqué par la vision de conteneurs renversés sur des routes délabrées. Ce chaos logistique n'est que le reflet d'une crise humanitaire plus profonde qui secoue l’est de la République centrafricaine.
Bambouti : Une ville fantôme qui respire à nouveauLe 17 février dernier, le constat à Bambouti était glaçant. Suite à l’attaque du groupe armé AAKG le 28 décembre 2025, la ville a été vidée de ses habitants. La délégation de la Plateforme des Confessions Religieuses a dû se rendre à moto jusqu'à la frontière du Soudan du Sud pour rencontrer les populations réfugiées.
Pourtant, une lueur d'espoir émerge. Quelques jours plus tard, le Père Gazzera rapporte que « la situation s'améliore petit à petit ». Une messe a pu être célébrée avec le curé d'Obo au cœur de la localité, marquant le début symbolique du retour des déplacés. « C'est émouvant. Nzapa a yeke kota (Dieu est grand) », confie le religieux.
Urgence humanitaire et scolaire à Zemio
À Zemio, la priorité est à la survie et à l'éducation. Plus de 3 500 personnes ont fui les combats récents pour s'entasser dans des camps de fortune. Grâce au soutien de l'ambassade de la République Tchèque et de l'ONG SIRIRI, la Caritas a lancé des distributions d'urgence : riz, huile, sel, et savon.
Le secteur éducatif est le plus durement touché. Les chiffres sont alarmants : sur les 8 100 élèves que comptaient les écoles primaires de Zemio avant la crise, seuls 1 200 ont repris le chemin des classes. Pour encourager ce retour, des kits scolaires (cahiers, craies, ardoises) ont été distribués aux rescapés du système éducatif.
La foi comme moteur de dialogue
Malgré la complexité de la situation à Obo et Zemio, la mission de paix se poursuit. Face à des responsables locaux parfois réticents au dialogue, Mgr Gazzera mise sur la force de la médiation interreligieuse : « Nous croyons que la paix est possible. Là où les responsables ne sont pas prêts à dialoguer, la prière et la Parole de Dieu peuvent faire des miracles. »
Le missionnaire se rendra prochainement en Italie, à Cuneo, pour porter la voix de Bangassou et mobiliser la solidarité internationale autour des projets de reconstruction. En Centrafrique, chaque pas vers la stabilité reste un défi quotidien, mais la résilience des communautés locales, soutenue par les leaders religieux, semble être le dernier rempart contre le basculement total dans l'oubli.
TMNews@720226