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Abbé Jean-Marie KONDE
104 min lu
21 Oct
21Oct

Diocèse de Lisala et Budjala : Mgr José-Bernard Likolo Bokal’etumba publie une lettre pastorale majeure sur la proximité et le bien commun.

Cinq ans après avoir reçu la charge épiscopale au service du peuple de Dieu à Lisala, Son Excellence Monseigneur José-Bernard Likolo Bokal’etumba signe un document fort et profondément interpellateur. Intitulée « Demeurer dans la proximité, servir le bien commun » et placée sous la lumière des Actes des Apôtres (Ac 2, 42-47), cette nouvelle lettre pastorale s’adresse conjointement aux diocèses de Lisala et de Budjala. Plus qu’un simple état des lieux, le texte constitue un véritable appel à la conversion spirituelle, à la transparence institutionnelle et au renouveau de la cohésion ecclésiale.

Un diagnostic courageux de la vie ecclésiale

Dès les premières lignes, le prélat invite la communauté à un examen de conscience sans complaisance. Tout en saluant les acquis et les fruits du chemin de fraternité initié il y a cinq ans, il pointe du doigt le piège de la routine religieuse. Célébrer des sacrements et multiplier les activités ne suffisent pas si le cœur du croyant ne se laisse pas transformer par l'Évangile. Le pasteur déplore certains relâchements au sein du clergé et de la vie consacrée, rappelant que l’individualisme et les divisions fragilisent l'annonce de la Bonne Nouvelle.

Le document aborde également sans tabou la question sensible de la gestion des biens de l'Église. S’appuyant notamment sur les récentes leçons tirées des audits menés au diocèse de Budjala, Mgr Likolo Bokal’etumba dénonce la mentalité de « l'industria propria », où l’intérêt personnel ou familial prend le pas sur la mission collective. Une fonction ecclésiale, rappelle-t-il, n'est ni un patrimoine privé ni un instrument d’enrichissement, mais un service exigeant qui requiert vérité et transparence.

Le modèle de la première communauté chrétienne et les quatre proximités

Pour panser les blessures du passé et reconstruire l'avenir, l'évêque puise sa source dans l'idéal de l'Église primitive. Il propose un itinéraire de conversion structuré autour de quatre dimensions indissociables, inspirées des intuitions du Pape François :

  • La proximité avec Dieu : Retrouver une vie intérieure authentique à travers l’Eucharistie, la prière et l'écoute de la Parole, car aucune réorganisation administrative ne peut remplacer la conversion du cœur.
  • La proximité avec l'Évêque : Voir dans le pasteur un garant de la communion et non un enjeu de pouvoir, afin de sceller la réconciliation, en particulier dans le diocèse de Budjala éprouvé par des tensions.
  • La proximité entre prêtres : Bâtir une véritable fraternité presbytérale exempte de jalousie, de compétition et de ressentiment, pour faire du presbyterium un corps uni.
  • La proximité avec le peuple de Dieu : Se mettre au service du bien commun et rejeter tout favoritisme ou tribalisme.

Dans une lettre pastorale d'une grande envergure, le pasteur élargit également son regard aux réalités sociopolitiques de la Mongala et du Sud-Ubangi. Face aux crises de développement, à la dégradation des infrastructures et aux replis identitaires, il rappelle aux acteurs politiques leur devoir moral de servir le peuple plutôt que leurs propres intérêts.

Une espérance renouvelée

Conclue sous le regard de la Vierge Marie, Notre-Dame de l’Espérance, cette lettre invite l'Église-Famille de Dieu à relever les défis avec courage. L'intégralité de ce texte programmatique, daté du 18 octobre 2026, est mise à la disposition des fidèles en pièce jointe pour alimenter la prière, le dialogue et la marche synodale dans les mois à venir.

TMNews@381026

Adage de circonstance : Bâtir l'Église sur le socle de la proximité et de la vérité, c'est redonner au peuple de Dieu le visage lumineux de l'espérance.


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