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Obtenue par l'UCLouvain en décembre 2025 et inaugurée en juin 2026, la nouvelle Chaire UNESCO HAND (Heritage, Art & Nature in a Digital World) s'attaque aux grands défis éthiques et culturels de notre époque. Codirigée par le Professeur Olivier Servais, historien et anthropologue, et la Professeure Marie-Sophie de Clippele, spécialiste du droit de la nature et de la culture, cette initiative transdisciplinaire croise l'anthropologie, le droit et les humanités numériques pour penser la préservation du patrimoine, les droits culturels et la justice environnementale face à l'IA. Les travaux et les grands enjeux de cette Chaire pionnière seront présentés par le Professeur Olivier Servais ce jeudi 8 octobre à Londres, à l'occasion de l'ouverture du 11ᵉ International Alumni Chapter de l'UCLouvain au Royaume-Uni.
Sous la direction de spécialistes engagés, la Chaire HAND est le miroir pour un laboratoire de réflexion transdisciplinaire. À l'intersection des sciences humaines, des technologies de l'information et des enjeux écologiques, elle cherche à répondre à une question fondamentale : comment le numérique et les algorithmes transforment-ils notre rapport à la mémoire, à la création et à notre environnement naturel ?
L'essor fulgurant de l'intelligence artificielle générative redéfinit les contours de la médiation culturelle, de l'archivage et de la propriété intellectuelle. Dans ce contexte, la Chaire entend bâtir une éthique rigoureuse pour éviter que la technologie ne devienne un facteur de standardisation culturelle ou de marchandisation du vivant.
Pour le continent africain, la naissance de cette Chaire revêt une dimension hautement stratégique. L'Afrique abrite des trésors culturels d'une richesse exceptionnelle, mais elle demeure confrontée à des défis structurels : la numérisation des archives historiques, la préservation des langues locales menacées d'extinction algorithmique, ainsi que la restitution physique et virtuelle des biens culturels spoliés.
Alors que les modèles d'IA actuels souffrent d'un biais occidental marqué, il devient urgent pour les universités, chercheurs et institutions culturelles africaines de participer activement à la gouvernance mondiale des données culturelles. La numérisation du patrimoine africain ne doit pas être une réappropriation par des géants de la Tech, mais un levier de réappropriation identitaire, d'inclusion sociale et de développement local.
Les travaux et conférences portés par la Chaire HAND offrent ainsi une grille de lecture précieuse aux décideurs du continent. En reliant la culture à la transition écologique et aux technologies de pointe, l'UCLouvain propose un espace de coopération renforcée entre chercheurs du Nord et du Sud pour faire de la culture un bien commun inaliénable à l'ère du numérique.
TMNews@171026
Adage de circonstance :« Un peuple qui préserve sa mémoire éclaire son avenir. »