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À Assise, le 26 octobre 2026, devant les responsables religieux, politiques et intellectuels réunis par la Communauté de Sant'Egidio, le cardinal Fridolin Ambongo Besungua livré un discours dense sur la guerre, la paix et l'avenir de la République démocratique du Congo. Au-delà de la dénonciation des conflits, son intervention propose une véritable vision de société fondée sur la dignité humaine, le dialogue et la fraternité.
Le premier message du discours est le refus de la logique selon laquelle la paix pourrait être garantie par l'accumulation des armes. En contestant l'adage « Si tu veux la paix, prépare la guerre », le cardinal s'inscrit à contre-courant d'un monde marqué par le réarmement et la montée des tensions géopolitiques.
Pour lui, la véritable force ne réside pas dans la domination mais dans la capacité d'écouter, de négocier et de construire des solutions communes. Le dialogue apparaît ainsi non comme une option secondaire mais comme la condition essentielle d'une paix durable. Le cardinal replace le dialogue au centre de l'action politique au moment où plusieurs nations privilégient les réponses militaires aux crises.
L'un des passages les plus forts du discours concerne la perte de valeur accordée à la personne humaine.
Selon l'archevêque de Kinshasa, la guerre persiste parce que l'homme est devenu moins important que les intérêts économiques. Les minerais, les stratégies géopolitiques et les ambitions de pouvoir prennent le dessus sur la dignité des populations. Cette analyse dépasse largement le cas congolais et pose une question universelle : quelle place l'être humain occupe-t-il dans nos choix politiques et économiques ? Le discours rappelle que la paix ne peut être construite sans une réhabilitation de la personne humaine comme valeur suprême.
Le troisième axe concerne la lecture que fait le cardinal de la situation en RDC, dont l'intervention combine trois dimensions essentielles : la dénonciation des intérêts étrangers impliqués dans l'exploitation des ressources, la critique des élites incapables de construire une cohésion nationale durable, et un appel à la responsabilité des Africains eux-mêmes. Cette approche est particulièrement intéressante parce qu'elle évite le piège de l'accusation unilatérale, en reconnaissant lucide des responsabilités extérieures tout en rappelant fermement les devoirs internes. La paix ne dépend pas seulement des partenaires internationaux. Elle exige également une volonté politique nationale.
Le discours n'est pas seulement politique. En s'appuyant sur les enseignements des papes et sur l'exemple du bienheureux Floribert Bwana Chui, le cardinal montre que la paix commence par la conversion intérieure.Il parle du « désarmement du cœur », de la lutte contre la haine ethnique, des discours de division et de l'instrumentalisation de la religion. Cette perspective rejoint l'esprit des rencontres d'Assise initiées par saint Jean-Paul II : la paix extérieure est impossible sans paix intérieure. Le cardinal rappelle que la guerre naît souvent dans les consciences avant d'apparaître sur les champs de bataille.
C'est probablement le point le plus débattu du discours. Le cardinal affirme qu'un dialogue excluant certains acteurs ne peut conduire à la paix : « Un dialogue qui exclut ceux avec qui l'on est en guerre n'est pas un dialogue : c'est un monologue. »
Cette position est cohérente avec les grandes expériences historiques de médiation. Cependant, elle soulève également plusieurs questions cruciales :
Ces interrogations constituent l'un des enjeux majeurs du débat congolais actuel.
En conclusion, à Assise, le cardinal Fridolin Ambongo n'a pas seulement prononcé un plaidoyer pour la paix, il a proposé une vision de société fondée sur la dignité humaine, la fraternité et la responsabilité collective. Son message peut se résumer en une conviction : les armes peuvent imposer le silence, mais seul le dialogue peut construire la paix.
« À l'heure où le monde réhabilite la force, le cardinal Ambongo invite à redécouvrir une force plus exigeante : celle du dialogue, capable de transformer des adversaires en frères. »
Adage de circonstance : Là où les armes s'efforcent d'imposer le silence des tombes, seule la voix patiente du dialogue tisse l'harmonie des vivants.
TMNews@531026
A lire le discours du cardinal au lien suivant : https://meetingsforpeace.santegidio.org/pageID/32261/langID/fr/text/5449/Discours-de-Fridolin-Ambongo-Besungu.html