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Abbé Jean-Marie KONDE
4 min lu
06 Jul
06Jul

La force de la foi contre l’oubli

Loin des projecteurs de l'actualité immédiate, la mémoire des hommes reste marquée par les actes de courage. Il y a quelques semaines, Monseigneur Libère Pwongo, évêque du diocèse de Basankusu, achevait une longue et éprouvante tournée pastorale dans la partie orientale de sa juridiction. Ce voyage n'était pas une simple formalité administrative, mais une véritable expédition de foi, révélant la réalité brute d’un terrain où l’Église s'érige en ultime rempart contre l'isolement. Voilà pourquoi nous y revenons.

Le courage d'un pasteur face aux routes de l'impossible

Parcourir la partie Est du diocèse relève du défi physique et logistique. Pour rejoindre des localités isolées comme Waka, Djombo ou Bokakata, le prélat a dû délaisser tout confort :

  • Des voies impraticables : Des heures de pirogue sur des cours d'eau capricieux et des pistes de boue négociées à moto.
  • Une présence physique : Le choix délibéré d'aller là où les infrastructures de l'État ont capitulé.
  • Le refus de la distance : Une immersion totale, partageant le quotidien et la table des villageois les plus démunis.

Ce périple met en lumière la figure d'un pasteur courageux, guidé par le seul devoir de ne laisser aucune brebis spirituelle de côté, peu importe l'état des routes.

Des agents pastoraux : les héros de l'ombre

Derrière la réussite de cette visite se cache le travail titanesque des agents pastoraux locaux. Prêtres, religieuses et catéchistes maintiennent la flamme de l'Évangile allumée tout au long de l'année. Ces hommes et ces femmes vivent dans les mêmes conditions de précarité que leurs fidèles. Ils gèrent des écoles de fortune, soutiennent les malades et animent les Communautés Ecclésiales Vivantes de Base (CEVB). La visite de l'évêque a été pour eux un moment de reconnaissance crucial, un baume sur les blessures de l'isolement quotidien.

L'explosion de joie des communautés oubliées

Dans chaque village traversé, l'arrivée de Mgr Libère Pwongo a déclenché des scènes de liesse populaire inoubliables. Pour ces fidèles, voir leur prélat fouler le sol de leur localité est le signe qu'ils existent encore aux yeux du monde :

  • Chants et danses de bienvenue : Les visages illuminés de sourires, de l'accueil à la frontière des villages jusqu'aux églises en pisé.
  • Ferveur sacramentelle : Des églises pleines à craquer pour des messes interminables de reconnaissance.
  • Rapprochement filial : Le bonheur simple de pouvoir toucher la main de leur pasteur et de recevoir sa bénédiction paternelle.

Cette joie partagée prouve que, malgré la pauvreté et l'absence d'infrastructures, la richesse spirituelle de l'Est de Basankusu demeure intacte.

Adage de circonstance : La distance n'affaiblit pas l'amour du pasteur qui cherche ses brebis.

 TMNews@050726

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