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Formation à Rome : le retour de l'Abbé Sixte Kiyoyo (inteview)

BANGUI, CENTRAFRIQUE — De retour de la Ville Éternelle où il a pris part au XXXIVᵉ Cours international pour formateurs de séminaires du 23 juin au 23 juillet 2026 à l’Ateneo Pontificio Regina Apostolorum, l’Abbé Sixte Kiyoyo Mwanabis, Recteur du Petit Séminaire Saint Jean-Paul II de M'Baïki, est revenu en détail sur cette expérience ecclésiale majeure. Dans un entretien exclusif accordé à notre journaliste Audrey Rengana, il dresse le bilan d'un mois de travaux intensifs, aborde les défis spécifiques de la formation vocationnelle en République centrafricaine et esquisse les chantiers d'avenir pour son établissement.

Audrey Rengana : Bonjour Abbé Sixte Kiyoyo. Vous rentrez tout juste de Rome où vous avez représenté le diocèse de M'Baïki au XXXIVᵉ Cours international pour formateurs de séminaires. Dans quel cadre s'est inscrite cette session et quel en était le premier objectif ?


Abbé Sixte Kiyoyo : Bonjour Audrey. Tout d'abord, je tiens à rendre grâce à Dieu et à exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence Monseigneur Jesús Ruiz Molina, Évêque de M'Baïki, pour la confiance accordée. Cette formation a réuni 78 prêtres responsables de séminaires venus du monde entier. Organisée par l’Ateneo Pontificio Regina Apostolorum, elle visait à approfondir les exigences actuelles de la formation sacerdotale selon l'esprit de la Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis et à réfléchir aux défis contemporains des maisons de formation.

Audrey Rengana : Le programme de ce mois d'immersion semblait particulièrement digne d'intérêt. Quels ont été les grands thèmes au cœur de vos travaux ?

Abbé Sixte Kiyoyo : Les enseignements ont embrassé l'ensemble de la vie sacerdotale. Nous avons abordé la maturité humaine et affective, la psychologie du candidat, la prévention des abus et la protection des mineurs, la vie communautaire, ainsi que la gestion saine des institutions ecclésiales. Nous avons aussi réfléchi à l'accompagnement des séminaristes dans le monde numérique et à la distinction essentielle entre le for interne et le for externe. Ce programme dense a été enrichi par des célébrations eucharistiques en plusieurs langues, des pèlerinages aux basiliques romaines, à Assise et à Nettuno, et par une adoration eucharistique quotidienne.

Audrey Rengana : En quoi ces enseignements résonnent-ils avec la réalité quotidienne que vous vivez en République centrafricaine, et particulièrement au Petit Séminaire de M'Baïki ?

Abbé Sixte Kiyoyo : Notre contexte centrafricain est marqué par des fragilités sociales, des blessures profondes liées aux récents conflits, des défis culturels et la montée en puissance du numérique. Ces cours m'ont réaffirmé que la formation ne consiste pas simplement à transmettre des connaissances académiques, mais à accompagner la personne de manière intégrale : sur les plans humain, spirituel, intellectuel et pastoral. Il est crucial de former des prêtres sains, équilibrés et capables d'exercer l'autorité comme un humble service.

Audrey Rengana : Au regard de cette densité, vous formulez une suggestion intéressante dans votre rapport : allonger la durée de la session. Pourquoi ?

Abbé Sixte Kiyoyo : C'est une observation purement constructive ! Un mois d'enseignements pour couvrir des domaines aussi vastes que la psychologie, l'affectivité, la pédagogie ou le monde numérique s'avère un peu court pour assimiler pleinement la matière. Passer la formation à deux mois permettrait un temps d'appropriation plus long, plus d'échanges personnels et une meilleure élaboration d'outils adaptés aux réalités de chaque diocèse.


Audrey Rengana : Concrètement, quelles résolutions allez-vous appliquer dès cette rentrée au Petit Séminaire Saint Jean-Paul II ?

Abbé Sixte Kiyoyo : Nous allons renforcer l'accompagnement personnalisé, avec une attention rigoureuse portée à la maturité affective et à la liberté de conscience en respectant scrupuleusement la séparation du for interne et du for externe. Nous allons intensifier la vie de prière et promouvoir une culture stricte de protection des personnes. Je compte également partager ces acquis avec l'équipe des formateurs afin que toute notre communauté éducative en bénéficie.

Audrey Rengana :Un mot sur vos contacts partenariaux à Rome ? On sait que les infrastructures ecclésiales nécessitent un soutien régulier.

Abbé Sixte Kiyoyo : Absolument. Ce séjour m'a permis de rencontrer en présentiel plusieurs structures d'aide œuvrant pour les petits séminaires, notamment l'OSPA, l'OPAM et le Lumen Institute. Ces échanges ouvrent de belles perspectives pour le soutien de nos projets à M'Baïki.

Audrey Rengana : Merci Abbé Sixte Kiyoyo pour cet éclairage précieux.

Abbé Sixte Kiyoyo : C'est moi qui vous remercie, Audrey. Que le Seigneur fasse fructifier cette expérience pour que notre séminaire demeure un lieu fécond de discernement pour les prêtres de demain.

TMNews@360926

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