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Abbé Jean-Marie KONDE
10 min lu
19 Sep
19Sep

Après neuf années d'un ministère pastoral particulièrement fécond dans le diocèse de Soissons, le Père Jean-Pierre Makamba Ma Muzinga s'apprête à tourner une page majeure de sa vie sacerdotale. Arrivé en France dans le cadre du ministère Fidei Donum, ce prêtre incardiné à l'Archidiocèse de Kinshasa aura accompli trois mandats successifs de 2017 à 2026. Tour à tour curé, vicaire épiscopal et vicaire général, il aura marqué de son empreinte la vie spirituelle du Soissonnais, notamment au sein de la paroisse Saint-Momble en Chaunois et comme membre du collège des consulteurs. Alors que les Abbés Eric Dunia Muganguzi et Pierre Musokayi Ngalamulume reprennent le flambeau pour poursuivre cette noble mission, le Père Jean-Pierre se prépare à regagner la capitale congolaise, répondant à l'appel de son Ordinaire pour de nouvelles charges diocésaines, notamment la direction de l'aumônerie des Mamans ya Bamibonza.


S'attacher et se détacher : l'épreuve féconde du missionnaire


Dans un message empreint d'une profonde sensibilité spirituelle et humaine, Abbé Jean-Pierre, également reconnu pour ses talents d'artiste musicien, livre une méditation touchante sur la dynamique de l'engagement missionnaire. Pour lui, la vie humaine est une école permanente où l'on apprend à naviguer entre deux exigences vitales : se lier et se séparer, s'attacher et se détacher, partir et revenir.


Établissant une analogie poétique avec la maternité, il rappelle qu'à l'image du cordon ombilical qu'il faut trancher pour que l'enfant accède à sa propre existence et à la conquête du monde, le missionnaire doit, lui aussi, accepter la rupture avec son environnement familier. Dès la naissance, une suite ininterrompue de séparations façonne l'être humain. Pour le prêtre envoyé en mission, quitter un cadre habituel pour embrasser une réalité nouvelle est l'exigence même de la suite du Christ.
Bien que toute séparation constitue une épreuve douloureuse, le Père Makamba souligne qu'elle permet au serviteur de l'Évangile de sortir grandi en amour, enrichi en humanité et fortifié par l'expérience. C'est le cœur même du paradoxe évangélique : il est impossible de gagner sa vie sans accepter de la perdre (cf. Jn 12, 25 ; Mc 8, 35), et quiconque quitte tout pour le Royaume reçoit le centuple dès cette vie (cf. Mt 19, 29).


Entre gratitude, confiance et promesse de retrouvailles


La douleur du départ, bien que réelle, se trouve adoucie par la joie exigeante et consolante du service de l'Évangile, une Bonne Nouvelle qui exige d'être proclamée en tout lieu et sans frontières. À l'heure du bilan, le sentiment qui domine chez le pasteur qui s'en va est une gratitude immense envers toutes les personnes croisées sur son chemin.
Les neufs années passées dans le diocèse de Soissons lui ont permis de tisser des liens indéfectibles et ineffaçables. C'est cette confiance mutuelle, établie dans le travail pastoral partagé, qui rend le départ possible sans briser la communion. Fort de cette page d'histoire écrite de concert avec les fidèles français, le missionnaire repart le cœur léger, certain que les liens d'affection et de foi tissés au nom du Christ demeureront vivants par-delà les distances. En regagnant Kinshasa, le Père Jean-Pierre Makamba emporte avec lui la richesse d'un ministère accompli et l'élan d'un nouveau départ.

Adage de circonstance : Quand le pèlerin délie son ancre d'une rive amie, la foi guide sa voile vers de nouveaux horizons.

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