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Abbé Jean-Marie KONDE
9 min lu
26 Sep
26Sep

Lectures de la messe

                                                                                                

  • Première lecture : « Si le méchant se détourne de sa méchanceté, il sauvera sa vie » (Ez 18, 25-28)

  • Psaume : (Ps 24 (25), 4-5ab, 6-7, 8-9) R/ Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse. (Ps 24, 6a)

  • Deuxième lecture : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2, 1-11)

  • Évangile : « S’étant repenti, il y alla » (Mt 21, 28-32)


Introduction de la messe

Sœurs et frères Shalom,  

Bienvenue à notre célébration. En ce dimanche, le Seigneur nous rassemble autour de sa Parole pour sonder la vérité de nos cœurs. À travers la parabole des deux fils, Jésus nous invite à passer des belles paroles aux actes secrets d’amour et d’obéissance. L’obéissance véritable n’est pas une résignation, mais un chemin d’humilité à la suite du Christ, qui s’est abaissé pour nous élever. Reconnaissons avec confiance nos lenteurs et nos refus, et laissons la miséricorde du Père fléchir nos dures de cœur pour entrer dignement dans ce mystère d'Eucharistie.


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En ce dimanche où la Parole de Dieu vient sonder les replis secrets de nos consciences, nous sommes invités à contempler la dynamique spirituelle qui oppose l'obéissance véritable à la désobéissance stérile. Tandis que l’obéissance se plie efficacement et en toute confiance au vouloir sanctifiant de celui qui nous commande, la désobéissance, elle, se dresse fragilement contre son propre accroissement. L’obéissant est un grain de blé qui accepte de mourir en terre pour voir poindre et resplendir l’épi prometteur ; le désobéissant, quant à lui, ressemble à un lourd tronc d’arbre semé dans le sol, stérile promesse appelée à pourrir doucement sous terre sans jamais porter le moindre fruit d'éternité.

Pour mieux pénétrer la profondeur du message que le Seigneur nous adresse aujourd'hui, arrêtons-nous sur trois grands mouvements de cette Parole :

1. La sincérité du repentir face au péril des fausses promesses

Le Christ pose une question directe qui traverse les siècles pour atteindre notre propre liberté : « Quel est votre avis ? » (Mt 21, 28a). La parabole des deux fils met en lumière la différence fondamentale entre les paroles extérieures et l'engagement du cœur. Le premier fils prononce un « oui » empressé et poli, mais son assentiment se dissout aussitôt dans le confort de l'inaction et de l'oubli. Le second fils, au contraire, commence par ériger un « non » d'orgueil et de résistance, mais, touché par le regret dans le silence de son âme, il revient sur sa décision et part travailler à la vigne. Cette parabole révèle la grandeur de la miséricorde de Dieu face aux nations lointaines et aux pécheurs blessés qui ont longtemps traîné le pas avant d'embrasser le service de leur Seigneur. La justice divine ne mesure pas l'homme à ses rigidités passées, mais à sa capacité de se laisser fléchir par la grâce.

2. Le piège de l'autosuffisance religieuse et du jugement de Dieu

Le Seigneur adresse un avertissement lucide aux autorités religieuses de son temps. En s'attachant scrupuleusement aux observances extérieures et aux privilèges de leur statut, ces notables se sont insensiblement éloignés du cœur même de la volonté divine. Pire encore, en se drapant dans leur justice prétendue, ils deviennent les juges de Dieu lui-même, allant jusqu'à qualifier ses voies d'injustes ou d'étranges (Ez 18, 25). C'est cette même attitude qui nous menace lorsque nous croyons mériter de droit l'attention du Ciel. Nous professons volontiers notre foi en communauté, le verbe haut et le genou plié, tout en cherchant secrètement à privilégier nos petits avantages, nos confortables certitudes et nos précarrés. La connaissance intellectuelle ou liturgique du mystère ne sauve pas si elle ne devient pas chair et offrande.

3. L'abaissement du Christ comme unique chemin d'obéissance incarnée

Face au péril de la comédie spirituelle, l’apôtre Paul nous présente le seul modèle accompli : le Christ Jésus. Il est la parfaite image de l’obéissance filialement vouée au Père, une obéissance sans résignation passive ni crainte servitude, mais portée par un pur colloque d’amour. Dieu fait homme, le Premier choisit de se faire le Dernier ; le Maître souverain se dépouille jusqu’à prendre la condition d’esclave (Phl 2, 5-7). Il s'abaisse pour épouser nos résistances et nous apprendre la docilité du cœur.

L'obéissance humble aujourd'hui nous appelle à passer nos « oui » quotidiens au crible de la vérité pour convertir nos promesses verbales en actes concrets de service, tout en accueillant avec humilité le regret salutaire de nos égarements passés à travers la grâce du sacrement de réconciliation. En renonçant au besoin de domination et aux prétentions de supériorité morale, cette attitude du cœur s'incarne dans un effacement joyeux au service de la communauté, où chacun met son amour en action pour favoriser activement la dignité, la paix et l'épanouissement de ses sœurs et frères en les estimant supérieurs à soi-même.

Sœurs et frères Shalom,

En somme, sœurs et frères, veillons sur ce que nous croyons connaître de Dieu. Ce qu'Il attend impatiemment de chacun de nous, ce ne sont pas les discours d'une piété d'apparat, mais le don d'un cœur contrit et obéissant. Vivons sa sainte volonté dans un amour vrai qui s'incline, se donne et s'efface, afin de devenir, avec le Christ et à sa suite, de vrais serviteurs de son Royaume. Amen.

TMNews@460926

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