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06 Sep
06Sep

Lectures de la messe


  • Première lecture : « Si tu n’avertis pas le méchant, c’est à toi que je demanderai compte de son sang » (Ez 33, 7-9)

  • Psaume : (Ps 94 (95), 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9) R/ Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur ! (cf. Ps 94, 8a.7d)

  • Deuxième lecture : « Celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi » (Rm 13, 8-10)

  • Évangile : « S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » (Mt 18, 15-20)

    

INTRODUCTION A LA MESSE 

Sœurs et Frères Shalom, 

soyez les bienvenus dans cette maison de prière, au cœur de notre Cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception. En ce 23ᵉ dimanche du Temps Ordinaire, l’Évangile place devant nos yeux une réalité fondamentale : le Christ est Emmanuel, Dieu au milieu de nous (Mt 1,23). C’est sa présence vivante qui rassemble, sanctifie et donne tout son sens à nos communautés. Entrons dans cette célébration en lui ouvrant sincèrement nos cœurs, afin qu’il guérisse nos divisions, purifie nos paroles et ravive en chacun de nous le feu d’un amour patient, capable de relever le frère qui stagne ou qui s’égare. 

HOMELIE

La véritable grandeur de nos communautés chrétiennes ne réside pas dans l’illusion d’une vie sans heurts, mais bien dans la présence permanente de l’Emmanuel. Nous le savons d'expérience : à chaque fois que le Christ est mis à l'écart de nos rassemblements ou de nos échanges, la communion s’effrite inexorablement. C’est alors la descente vers la confusion, manifestée dans le bruit stérile des querelles et le piège des mots qui blessent. Sans le Seigneur pour féconder nos cœurs, nos réunions s'assombrissent et perdent leur lumière. 

Le pouvoir spirituel de lier et de délier, concédé à Pierre comme chef des apôtres et transmis aux ministres de l'Église pour l'absolution des péchés, s'accompagne d'un appel adressé à tout le peuple de Dieu. À chaque baptisé est confiée la mission sacrée d'user de commisération envers son frère. Le Seigneur ne nous établit pas comme des juges implacables, prêts à prononcer des sentences du haut d'un tribunal moral. Il nous appelle à devenir les sentinelles de l'autre. Être sentinelle est un pur devoir d'amour chrétien : seul un amour authentique et désintéressé a la force de se dresser comme le poteau indicateur de la loi divine sur le chemin de nos sœurs et de nos frères. Ce n'est pas par la condamnation, mais par le témoignage d'une vie rayonnante et accueillante que ceux qui s'écartent trouvent la force intérieure du repentir. 

Là où vivent les hommes, les tensions et les conflits sont inévitables. Mais le Christ ne nous laisse pas démunis ; il nous suggère une pédagogie de la réconciliation en trois étapes d'une grande délicatesse : D'abord, le dialogue privé et direct avec le frère à problème, pour sauvegarder sa dignité et lui parler cœur à cœur ; Ensuite, la présence discrète de deux ou trois personnes, pour envelopper l'échange de sagesse et de bienveillance ; Enfin, le recours à toute la communauté, comme un ultime cercle d'écoute et de prière. 

Et si, malgré toutes ces démarches, le frère persiste dans son aveuglement au point d'être traité « comme un païen ou un publicain » (cfr Mt 18,17), gardons-nous d'y voir un feu vert pour l'exclusion ou le mépris. La pensée de saint Paul aux Corinthiens et à Tite nous rappelle la fermeté nécessaire, mais la contemplation de l'attitude de Jésus bouleverse nos perspectives. Comment le Christ regardait-il les païens et les publicains ? Il ne les repoussait pas : il mangeait à leur table, allait à leur rencontre et offrait sa vie pour eux. 

Regarder le frère comme un païen ou un publicain, c'est donc recevoir l'invitation d'aimer davantage. Quand toutes nos méthodes humaines échouent pour récupérer un membre en conflit, le combat ne fait que commencer. Il nous faut alors entrer dans la logique du sacrifice de l'Emmanuel, qui est venu non pas pour les bien-portants, mais pour les malades (Lc 5,31). 

Que la Vierge Marie, patronne de notre cathédrale, nous accorde un cœur vigilant et miséricordieux, capable de prier et d'espérer sans fin pour chaque âme confiée à notre garde. Amen.

Abbé Jean-Marie KONDE Muanda

TMNews@140926

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