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La revue scientifique Louvain Law Review – Annales de droit de Louvain lance un appel à contributions pour un numéro thématique consacré aux figures, personnages et imaginaires qui structurent le raisonnement juridique. Coordonné par Yseult Marique, Sofia Vandenbosch et Pierre Walckiers, ce numéro paraîtra en 2027.Comment le droit se représente-t-il la personne, l'autorité ou la société ? Derrière les textes législatifs et les décisions de justice se cachent souvent des représentations sous-jacentes qui orientent la doctrine. C'est à cette réalité que s'intéresse le numéro 2027/2 des Annales de droit de Louvain, intitulé « Penser le droit par ses figures, personnages et imaginaires ». Les propositions de contribution sont attendues jusqu'au 15 décembre 2026.
L'appel rappelle que le droit mobilise de nombreuses représentations destinées à rendre intelligibles des situations complexes. Parmi elles figurent la « personne raisonnable », le « bon père de famille », le consommateur moyen, le juge présenté comme la « bouche de la loi », le Léviathan symbolisant l'État ou encore la « boîte noire » de la gouvernance algorithmique.Selon les coordonnateurs du numéro, ces figures permettent d'incarner un sujet, une institution, une fonction ou une relation juridique. Elles participent activement à la construction des catégories juridiques tout en reflétant des contextes historiques, sociaux et culturels particuliers.
L'une des ambitions de ce projet consiste à examiner la pertinence actuelle de certaines figures classiques du droit positif.Le « bon père de famille », longtemps utilisé comme standard de référence dans de nombreux systèmes juridiques, renvoie-t-il encore à une réalité contemporaine ? La figure du juge comme simple applicateur mécanique de la loi conserve-t-elle sa valeur dans les théories modernes de l'interprétation juridique ? Comment comprendre aujourd'hui les présomptions, les fictions juridiques ou certaines représentations héritées de traditions anciennes ?Le numéro entend analyser ces questions à la lumière des profondes évolutions sociales et culturelles contemporaines.
L'appel s'intéresse également aux transformations provoquées par les innovations technologiques majeures.Les chercheurs sont invités à réfléchir aux nouvelles figures produites par la gouvernance algorithmique, l'intelligence artificielle ou encore les évolutions du droit international humanitaire. Les pistes évoquées incluent notamment l'avatar post-mortem, le soldat « augmenté » ou les nouvelles catégories mobilisées pour appréhender les interactions entre humains et technologies.Ces mutations interrogent la capacité du droit à adapter ses représentations du monde aux réalités émergentes.
Le projet ouvre également la réflexion à des figures plus inédites : animaux, rivières, montagnes, plantes ou entités hybrides entre humain et machine.Les coordinateurs souhaitent notamment explorer les opportunités et les limites de l'intégration, dans les catégories juridiques contemporaines, de conceptions différentes de la personne, du territoire et des relations avec les non-humains.Cette approche pluridisciplinaire croise le droit, l'anthropologie, la sociologie, la philosophie et les études de droit et littérature.
Les contributions proposées pourront s'articuler autour de plusieurs axes thématiques complémentaires, allant de la critique des figures classiques du droit positif aux transformations des imaginaires juridiques contemporains. Les chercheurs sont ainsi invités à étudier la performativité de ces figures et leur impact social, à explorer le rôle des fictions et fabulations juridiques, ou encore à analyser l'émergence des figures hybrides face aux récents conflits ontologiques. Enfin, une attention particulière pourra être portée à la circulation et à la transposabilité de ces représentations juridiques entre différents ordres et traditions du droit.
Les propositions doivent comprendre un résumé de 300 mots maximum accompagné d'une brève biographie. Elles sont à envoyer par courriel au comité de rédaction avant le 15 décembre 2026 aux adresses suivantes :
yseult.marique@uclouvain.be, sofia.vandenbosch@uclouvain.be pierre.walckiers@uclouvain.be. Les auteurs recevront une notification au plus tard le 5 janvier 2027 et les articles complets devront être remis pour le 1er juin 2027. Les textes peuvent être soumis en français, en anglais ou en néerlandais et feront l'objet d'une évaluation scientifique en double aveugle.
Cette réflexion sur les figures du droit offre une résonance toute particulière pour les chercheurs du continent africain. Les systèmes juridiques africains articulent constamment droit moderne, héritages coutumiers et réalités sociales spécifiques. Les conceptions de la personne, du lien communautaire, de l'autorité ou du rapport sacré au territoire constituent des champs de recherche féconds pour enrichir ce débat académique international.
Sources :
Adage de circonstance :« Ce n'est pas le masque qui fait la loi, c'est le visage qu'on lui prête qui éclaire la justice. »
TMNews@530926