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20 Jul
20Jul

Depuis ce vendredi 17 juillet 2026, après que le président de la République a décidé enfin d’ouvrir la porte du dialogue inclusif tel que souhaité par nos pères de la CENCO et de l’ECC, plusieurs réactions ont afflué sur les plateformes tant politiques que sociales. Chacun, selon sa vision, se voit vainqueur ou perdant. Et pourtant, se mettre autour d’une table ne doit pas scandaliser celui qui veut sauvegarder la paix commune. La sagesse de Salomon doit nous inspirer pour sauver l’intégrité de l’enfant « RDC » qui subit l’épée depuis plusieurs années, disputé entre la femme envieuse et la femme soucieuse de son sang.

En tant que prêtre, serviteur de l’Évangile et témoin quotidien des souffrances et des espoirs de notre peuple, je partage cette tribune en méditant sur cette parole : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Matthieu 5, 9). Je tiens à poser un regard de foi et d’espérance sur le tournant politique actuel de notre cher pays, la République Démocratique du Congo. Au-delà de toutes les considérations teintées de sourire, de colère ou encore de déception, je salue avec gravité et gratitude les premiers pas de ce dialogue national inclusif.

La patience prophétique de l’Église

Aux premiers abords, je jette mes fleurs à la persévérance évangélique de nos Pères de la CENCO et de l’ECC. C’est ici que je relis autrement les mots de Saint Paul : « L’espérance ne déçoit point » (Romains 5, 5). Au cœur de la tempête politique, face aux vents contraires de la suspicion, aux attaques verbales et à l’usure du temps, ils ont tenu bon. Ils ont adopté une posture de prophètes, à l’instar d’Isaïe ou de Jérémie, pour rétablir chaque vérité là où la manipulation, la flatterie et le fanatisme voulaient imposer leurs règles.

Cette attitude doit aider tous les pasteurs à ne jamais céder à la tentation du découragement ni du silence complice. Ils doivent être ces « gardiens » évoqués par le prophète Ézéchiel, droits dans leurs bottes, veillant sur le destin du peuple de Dieu. Loin d’être un entêtement politique, cette persévérance est l’exercice d’un authentique ministère de la réconciliation qui nous appelle à marcher d’un même pas. L’œcuménisme a revêtu sa veste d’or en voyant catholiques et protestants s’unir. C’est un puissant témoignage d’unité qui préfigure la cohésion nationale que nous appelons de nos vœux. Je peux le dire sans être contredit : la force de l’Évangile réside dans la constance de la vérité. Car la force des arguments l’emportera toujours sur les arguments de la force. 

L’esprit d’ouverture du Président

En poursuivant notre réflexion, nous ne pouvons oublier cet acte de haute sagesse patriotique du Président de la République. Relisons cette parole de sagesse : « Le cœur du roi est un courant d’eau dans la main de l’Éternel ; il l’incline partout où il veut » (Proverbes 21, 1).

En répondant favorablement aux sollicitations des confessions religieuses et en accordant son accord de principe pour un dialogue national inclusif, le président Félix Tshisekedi a posé un acte de responsabilité historique qui mérite d’être salué avec dignité et grandeur. Il est dommage de voir certaines analyses qualifier cet acte de piège. Ce serait comme donner aux cultivateurs des arachides grillées en guise de semences, pour ensuite se retourner contre eux à cause du manque de production. Pour ma part, je vois dans cette ouverture d’esprit le signe d’une véritable sagesse politique et d’un amour authentique pour la patrie de la part du garant de la nation.

Dans un contexte marqué par de profondes fractures et par l’urgence sécuritaire qui endeuille nos sœurs et frères à l’Est du pays, s’enfermer dans des certitudes isolées aurait pu fragiliser davantage l’édifice national. Faire le choix de la voie de l’écoute, ce n’est pas faire preuve de faiblesse ou de lâcheté ; c’est, au contraire, manifester la force tranquille du garant de la cohésion nationale. En tendant la main à toutes les forces vives de la République, le Chef de l’État honore son serment constitutionnel de veiller à l’unité de la Nation pour une paix véritable. Il prouve ainsi que, face au péril qui guette notre souveraineté, la quête du consensus global doit l’emporter sur les intérêts partisans.

Les exigences spirituelles du dialogue

Cependant, l’ouverture au dialogue ne doit pas être le moment de chercher son propre intérêt. C’est un appel pressant à la métanoïa. La parole du Christ nous avertit : « Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister » (Marc 3, 24).

En même temps que nous nous réjouissons de l’ouverture du Chef de l’État qui ravive notre espoir, un profond examen de conscience est exigé de tous les acteurs de ce dialogue et de toute la classe politique, afin de produire des fruits durables. Sans une conversion radicale des cœurs et des intentions, ce forum national risquerait de devenir le théâtre d’un énième « partage du gâteau » ou d’arrangements cosmétiques pour la conquête ou la conservation de privilèges personnels.

L’Évangile nous pousse à exhorter les acteurs de la majorité comme de l’opposition à se dépouiller de leurs agendas cachés, de leur orgueil et de leurs calculs partisans. Je supplie les participants à ces assises d’intensifier leur attention et de se focaliser en priorité sur la détresse du peuple congolais, les larmes des déplacés de guerre à l’Est et l’avenir de notre jeunesse. Se mettre autour d’une table exige le courage de la vérité, le sacrifice de l’intérêt personnel et la ferme volonté de rebâtir le pacte républicain sur le roc de la justice et du droit.

Dressons nos fronts et marchons vers l’espérance

En dernier point, je vous propose de lire ce passage : « Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur » (Jérémie 29, 11). Le tournant historique que nous amorçons doit motiver l’espérance dans le cœur de chaque Congolais. Il est vrai que notre souffrance, au cours des décennies, a enfoncé sa racine pivotante jusqu'au cœur du sol de la RDC. Malgré les guerres imposées et les crises politiques à répétition, nous n’avons jamais cessé de croire en notre destin de grandeur.

Ce dialogue national, né de la persévérance des Églises et de l’écoute du Chef de l’État, est une opportunité providentielle pour redresser notre Nation. Que chacun, à sa place, œuvre pour la réussite de ces assises.Que le Dieu de justice et de paix fortifie le président Félix Tshisekedi, éclaire nos pères spirituels de la CENCO et de l’ECC, ainsi que les membres de toutes les plateformes religieuses, et touche le cœur de chaque leader politique pour que la vérité triomphe. 

Que l’Esprit Saint inspire ce dialogue à venir pour qu’il devienne le fondement d’un Congo uni, fort et prospère. Levons nos yeux vers l’avenir avec confiance, car si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

Que la bénédiction du Dieu Tout-Puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, descende sur la République Démocratique du Congo et y demeure à jamais. Amen.

Abbé Jean-Marie Konde Muanda

TMNews@200726

ECC

Félix Tshisekedi

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