google.com, pub-4889604885818732, DIRECT, f08c47fec0942fa0
HOMELIE
Sœurs et frères,
Quand des sombres événements enveloppent notre quotidien, le désir profond de bonheur qui habite chaque cœur humain peut s’estomper. Face aux crises, aux épreuves familiales ou aux souffrances du monde, la joie s'efface et le désarroi s'installe. C'est à ce moment précis que le mariage se scelle vite entre l’ennui et le découragement. De cette union stérile naissent les fruits aigres de la platitude et de la servitude. L’homme, accablé, devient alors le prisonnier de sa propre imagination, une imagination malheureusement influencée et obscurcie par les tristes spectacles de son milieu.
Mais Dieu ne nous abandonne pas à cette fatalité. Dans sa science supérieure, dans son amour infini, Il fait don de son Fils unique à l’humanité. Pourquoi ? Pour que nous, ses créatures, nous allions au-delà de tout ce qui apparaît, au-delà des apparences trompeuses et du désespoir ambiant.
Le Roi qui renverse nos critères de puissance
Aujourd'hui, l'Écriture nous présente le Roi-Messie. Il ne vient pas sur un cheval de guerre pour écraser, mais Il matérialise la prophétie de Zacharie (« Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne » — Za 9, 9) en entrant à Jérusalem sur une monture d'humilité (Mt 21, 5). Ce Christ, doux et humble de cœur, vient nous révéler l’humilité même de son Père (« tu as révélé aux tout-petits les mystères du Royaume » — Mt 11, 25). Dieu n’utilise pas la force ou la terreur : Il n’a cherché qu’à nous attirer vers Lui par les liens de la tendresse (« Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour » — Ps 144, 8).
L’humilité de Jésus n’est pas une faiblesse, c’est une école de formation. À cette école divine, nous apprenons l’essentiel : l’amour véritable du prochain, la persévérance au milieu des épreuves, et la sainte résistance face aux injustices de notre monde.
Comme nous le rappelle magnifiquement saint Augustin, ce grand Père de l'Église : « Le Christ n’est pas venu nous enseigner à créer le monde ou à faire des miracles éclatants, Il est venu nous dire : mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur. Si tu veux bâtir un édifice spirituel très haut, pense d'abord à lui donner pour fondation l'humilité ».
Porter le joug du Christ pour briser les jougs du monde
Il est vrai qu'il nous semble parfois être surpassés. Nous nous sentons impuissants face aux comportements de nos frères humains qui rivalisent d'ingéniosité pour instaurer des systèmes injustes, des structures qui découragent et méprisent les sacrifices des autres. Face à ce sentiment d'écrasement, Jésus nous lance encore et toujours le même appel : (« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » — Mt 11, 28).
Ce repos n'est pas une fuite de la réalité. Il consiste à accepter son joug et son fardeau, qui sont les symboles de ses enseignements et de son Évangile (« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples » — Mt 11, 29). Le monde nous impose le joug de la performance, du profit, de l'égoïsme et de la vengeance. Jésus, lui, nous propose le joug de l'amour, du pardon et de la vérité (« Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger » — Mt 11, 30).
Méditant sur ce passage, le pape François nous rappelle avec force que l'invitation de Jésus s'adresse précisément à ceux qui luttent au quotidien : « Le Seigneur n’offre pas de formules magiques, mais Il appelle les personnes simples et marquées par une vie difficile pour leur promettre qu’en Lui, elles trouveront le repos. Porter son joug, c'est entrer dans une Église aux portes ouvertes, qui n'impose pas de fardeaux inutiles, mais qui marche au rythme des plus petits. »
Mourir à la chair pour vivre par l'Esprit Comme nous le rappelle saint Paul, la mise en pratique des enseignements du Christ nous fait mourir à nos penchants égoïstes pour nous faire vivre avec le Christ, sous la mouvance et la force de l’Esprit-Saint (« si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez » — Rm 8, 13). En portant le joug de Jésus, nos fardeaux quotidiens deviennent légers car nous ne les portons plus seuls : c'est le Christ qui les porte avec nous, Lui qui relève notre humanité blessée (« Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, il redresse tous les accablés » — Ps 144, 14).
Que rien, sœurs et frères, absolument rien ne bouscule en nous l’espérance joyeuse de notre engagement en Dieu. Puissions-nous, tout au long de cette semaine, rejeter les fruits aigres du découragement pour devenir, à la suite du Christ, des artisans de paix, doux et humbles de cœur.
Amen.
Abbé Jean-Marie KONDE Muanda
TMNews@010726