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Introduction de la messe
Sœurs et Frères en Christ, bienvenue à cette table de grâce ! Au cœur de nos déserts, là où la souffrance et le doute ébranlent notre foi, le Christ ressuscité nous rassemble. Il se fait Parole et Pain rompu. Ouvrons nos cœurs à son amour incommensurable : son Corps et son Sang deviennent aujourd'hui notre nourriture et notre force absolue dans l’épreuve.
Homélie
« Moi, je suis le pain vivant, descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. » (Jean 6, 51).
Sœurs et Frères en Christ, ces paroles de Jésus résonnent aujourd'hui au cœur de nos assemblées comme un chant d'espérance au milieu de la nuit. Pourtant, face au mystère de la souffrance, notre foi vacille souvent. Tout comme la foule de Jérusalem murmurait : « Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? » (Jean 6, 52), nous crions parfois dans le secret de nos épreuves : « Seigneur, où es-tu quand tout s'effondre ? » Nous perdons tant d'énergie à réclamer le précaire, le miracle spectaculaire, oubliant que la plus grande force ne réside pas dans le tonnerre, mais dans le silence d'un bout de Pain divinisé. Ecoutez cette méditation en ces deux petits thèmes :
Notre chemin d'épreuve devient une école de confiance avec le Pain de Vie
L'épreuve n'est pas un abandon, elle est une école. Dans le livre du Deutéronome, Moïse rappelle au peuple la longue marche à travers un désert aride et parsemé de scorpions. Pourquoi ce chemin si difficile pour un peuple innocent ? Pour que tu saches, Israël, ce qu'il y a dans ton cœur. C'est dans le dénuement le plus total que le Seigneur t'a nourri d'une manne inconnue, pour te faire comprendre une vérité éternelle : « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de Dieu » (Deutéronome 8, 3).
Et qu'est-ce qui sort de la bouche du Père, sinon son Verbe fait chair ? Jésus est cette véritable Manne. Il ne supprime pas toujours le désert de nos vies, mais Il s'y invite. Il prend notre humanité blessée, nos péchés qui nous ôtent l'espérance, et par le sacrifice parfait de l'Eucharistie, Il les transforme en chemins de résurrection.
Le Christ vivant se glisse dans nos veines pour transfigurer toutes nos faiblesses
Ne cherchons pas le spectaculaire à vue d'œil. À l'image de la graine de moutarde, le Christ se donne à nous sous la fragilité apparente du pain et du vin. C'est le mystère du sacrement : le visible qui produit une réalité spirituelle invisible. En communiant, vous ne recevez pas un symbole mort, vous recevez le Christ réellement vivant, palpitant d'amour, qui se répand dans vos veines pour transfigurer vos faiblesses.
Comme nous le rappelle saint Paul aux Corinthiens : « Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps » (1 Corinthiens 10, 17). La communion nous arrache à notre isolement. Notre souffrance personnelle devient une force collective lorsque nous la plongeons dans le calice du Christ.
Que devons-nous faire aujourd'hui après avoir écouter cette Parole ?
Pour que cette Eucharistie ne reste pas une simple habitude mais devienne votre force concrète dans l'épreuve, voici quatre engagements pour votre semaine :
Sœurs et Frères en Christ, revenons à la source de notre espérance. Le Christ nous a prévenus : « C’est l’Esprit qui fait vivre, la chair ne sert de rien ; les paroles que je vous ai dites sont esprit, et elles sont vie. » (Jean 6, 63).
Ne laissons plus les épreuves de ce monde éteindre notre joie chrétienne. En sortant de cette célébration, portons le Christ en nous. Devenons des tabernacles vivants au milieu de nos quartiers. Celui qui mange ce pain vivra par le Christ, avec le Christ, et triomphera de toute épreuve.
Abbé Jean-Marie KONDE Muanda
TMNews@160626