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22 Aug
22Aug

Lectures de la messe

                                                                                                

  • Première lecture : « Je mettrai sur mon épaule la clef de la maison de David » (Is 22, 19-23)
  • Psaume : (Ps 137 (138), 1-2a, 2bc-3, 6.8bc) R/ Seigneur, éternel est ton amour : n’arrête pas l’œuvre de tes mains. (cf. Ps 137, 8)    
  • Deuxième lecture : « Tout est de lui, et par lui, et pour lui » (Rm 11, 33-36)

  • Évangile : « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux » (Mt 16, 13-20)

 

HOMELIE                                                          


Sœurs et frères Shalom !

Chaque jour, nous regardons notre monde et nous faisons le même constat : le pouvoir humain est en crise. Qu’il s’agisse des puissances internationales ou des dirigeants de nos propres cités, la tentation reste la même : chercher la sécurité dans les alliances secrètes, les compromissions politiques et l'accumulation des richesses matérielles, plutôt que dans la justice pour le bien de tous.

Trop souvent, nous entendons ce verset de saint Paul : « Tout pouvoir vient de Dieu » (Rm 13,1). Mais combien de dirigeants crient cette phrase pour légitimer leur place, sans pourtant marcher sur la voie de ce Dieu qui l’accorde ? L’histoire nous montre que sous prétexte d’être « choisis de Dieu », des empires coloniaux ont opprimé des peuples. Aujourd'hui encore, dans de nombreux pays du Tiers-monde, des dictateurs pillent l’économie et détruisent le tissu social, en utilisant parfois des prédicateurs corrompus pour imposer le silence aux croyants.

Face à ces dérives, n’oublions jamais cette vérité spirituelle : le pouvoir absolu et injuste ne vient pas de Dieu. Le diable aussi donne le pouvoir à ceux qui acceptent de se prosterner devant lui et de le servir (Lc 4,5-7).

Qui est Jésus pour nous ?

C’est pour briser ces fausses logiques humaines que Jésus, dans l'Évangile de ce jour, emmène ses disciples à Césarée-de-Philippe. Il leur pose une question fondamentale : « Pour vous, qui suis-je ? » Jésus veut purifier leur regard. La foule voit en lui un prophète de plus, un leader politique ou un justicier comme Élie ou Jean le Baptiste. Mais la foi véritable va plus loin. Porté par une révélation du Père, Simon-Pierre s’avance et déclare : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

Par cette profession de foi, Pierre ne choisit pas une opinion humaine, il s'abandonne à la sagesse divine. Et c’est sur cette foi, sur cette « pierre », que le Christ décide de bâtir son Église. Jésus ne lui donne pas une armée ou des richesses, il lui donne une autorité spirituelle totale : « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux. » C'est le pouvoir d'exposer la vérité, de permettre ce qui sauve et d'interdire ce qui détruit.

Dieu renverse les puissants

Ce geste de Jésus qui confie les clés à Pierre n’est pas une nouveauté inventée ce jour-là. Le prophète Isaïe, dans la première lecture, nous montrait déjà que Dieu est le seul maître de l'histoire et des dirigeants. 

Shebna, le gouverneur de Jérusalem, avait trahi sa mission en cherchant de fausses sécurités matérielles et des coalitions avec les étrangers. La sentence de Dieu est immédiate : « Je vais te chasser de ton poste, t’expulser de ta place. »

À sa place, Dieu choisit Éliakim. Regardez ce que Dieu dit de lui : « Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David ... il sera un père pour les habitants. » Le pouvoir selon Dieu n'est pas un privilège pour écraser, c'est une responsabilité paternelle pour protéger les plus faibles. Quand un dirigeant oublie cela, Dieu le destitue.

 L'insondable sagesse divine

Devant la manière dont Dieu agit – renversant les orgueilleux et élevant les humbles – nous ne pouvons qu'entrer dans l'action de grâce avec saint Paul. Dans sa lettre aux Romains, il s'exclame : « Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables ! »

Aucun homme n'est le conseiller de Dieu. Aucun pasteur ne peut privatiser Dieu. Aucun politicien ne peut acheter sa faveur. « Tout est de lui, et par lui, et pour lui. À lui la gloire pour l’éternité ! » Le pouvoir humain passe, mais l'autorité de Dieu demeure.


Sœurs et frères dans le Christ, 

Quelle est la recommandation de la Parole de Dieu pour nous aujourd’hui ?

  • Aux Pasteurs de l'Église : En commençant par être vrais vous-mêmes, vous avez reçu la succession de Pierre et le devoir impérieux d'éclairer un monde qui choisit l'obscurité. Ne vous taisez pas. Face au pillage, face à l'injustice, la foi nous interdit le silence complice. L'Église doit porter la lumière de la vérité.
  • Aux Dirigeants de la cité : Vous qui gérez les affaires publiques, ne séparez jamais vos choix politiques de vos devoirs de croyants et ne pactisez pas avec les forces du mal ou de la corruption. Souvenez-vous que vous rendrez des comptes à Celui qui accorde tout pouvoir.
  • À chacun de nous, fidèles chrétiens : Ne mettons pas notre confiance dans les fausses sécurités de ce monde. Pour professer la foi de Pierre, acceptons de nous laisser transformer et « moudre » par le Christ. C’est en marchant sur sa VOIE, et sur elle seule, que nous trouverons le salut et la vraie liberté.

Au cours de cette Eucharistie, demandons au Seigneur la grâce de la cohérence et du courage, pour que nos vies et nos structures soient toujours guidées par sa justice.Amen.

Abbé Jean-Marie KONDE Muanda

TMNews@410826

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