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Sœurs et Frères, Nul n’est censé pénétrer les pensées profondes de Dieu. Il est le Rocher, cette présence immuable qui dirige l’histoire de l’humanité sans subir d’influence, mais en étant l’influence de toute chose. Moïse nous l’a présenté comme le Juste aux voies parfaites (Dt 32,4), et Isaïe, en évoquant le nouvel exode, nous le montre comme l’unique rempart (Is 44,8). Pourtant, ce Rocher qui semble au premier abord fermé, impénétrable dans sa majesté, est celui-là même qui se fend pour laisser jaillir l’eau de la vie éternelle.
Dans la première lecture, nous voyons le peuple d'Israël assoiffé au désert (Ex 17, 3-7). Face à leurs murmures, Dieu demande à Moïse de frapper le rocher de l'Horeb. Ce n'est pas un simple miracle géologique, c’est une annonce : avec Saint Paul, nous comprenons que ce Rocher spirituel qui les suivait, c’était déjà le Christ (1 Co 10,4).
Au puits de Sichar, dans l'Évangile de ce jour (Jean 4, 5-42), ce Rocher ne se contente plus de donner de l’eau : il se fait « faiblesse » en la personne de Jésus. Fatigué du voyage, assis au bord du puits, le Christ — ce Rocher de préscience — se « dilue » pour ainsi dire au profit d’une humanité pécheresse et éparpillée.Regardez cette Samaritaine : elle est l’image de nos vies morcelées, représentées par ses cinq maris. Elle cherche à étancher sa soif à des puits qui tarissent, passant d’une croyance à une autre, d’une illusion à une autre. Mais le Christ dépasse toutes les frontières, brise les préjugés religieux et sociaux pour lui dire : « Celui qui a soif, qu’il vienne à moi ! » (Jn 7,37). Là, au milieu du midi, le Rocher devient Source. Comme c’est beau de voir le Seigneur transformer une rencontre banale en une quête d'adoration « en esprit et en vérité ».
Un adage populaire nous dit : « L’eau qui coule du rocher n’a pas peur de la sécheresse. »Cela signifie que la grâce qui vient de Dieu est inépuisable, peu importe l'ardeur de nos épreuves. La Samaritaine a laissé sa cruche au bord du puits parce qu’elle n’avait plus besoin d’une eau qui ne désaltère que le corps ; elle avait trouvé la Source qui inonde l’âme.
En pratique, que nous demande ce texte aujourd'hui ?
Le temps du Carême nous replonge à la source de notre baptême. Saint Paul nous l'assure dans la deuxième lecture : « L’espérance ne déçoit point, car l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint » (Rm 5,5).
Sœurs et Frères, ne cherchons plus ailleurs. Le Rocher est là, il est le Christ. Buvons à sa source, car elle seule fait déborder en nous l’amour qui ne finit jamais.
Abbé Jean-Marie KONDE
TMNews@100326