google.com, pub-4889604885818732, DIRECT, f08c47fec0942fa0
HOMELIE
Sœurs et Frères dans le Christ,
Lorsque la sacralisation de notre vie est motivée par des attitudes subjectives, la porte s'ouvre grandement à la volonté de puissance. C'est le drame, malheureusement, de notre humanité. Les hommes ont pris d'assaut les voies du salut, jusqu'à falsifier les tableaux de signalisation afin que tout mène vers leurs forteresses. C'est la tyrannie et le despotisme qui s'installent.
Cependant, le mal n'a pas le droit d'avoir le dernier mot. Le monde doit retrouver sa logique selon le plan divin. C'est ici que les disciples du Christ entrent en scène, non en figurants, mais en acteurs pour chasser les ténèbres. Alors, c'est la confrontation, parfois sans merci, qui s'ouvre et qui donne place à tous les coups. Comment ne pas se laisser dominer par ces graves duels ? Voici le secret que le Christ nous livre aujourd'hui à travers trois certitudes majeures.
Ne pas craindre les hommes
Le Christ ne minimise pas le contenu de sa mission face aux menaces et aux machinations des violents. C'est ce qu'il exige de ses disciples :
Proclamer sans complaisance : D'un côté, nous devons nous engager à annoncer son message de vérité. Le disciple ne peut pas être celui qui négocie le bien comme s'il s'agissait d'une simple option parmi d'autres : « Tout ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière » (Matthieu 10, 27).
Refuser la lâcheté : D'un autre côté, lorsque les menaces d'éviction en viennent à toucher notre dignité jusqu'à notre intégrité physique, le Christ nous bouscule. Il nous appelle à ne pas céder à ceux qui peuvent tuer le corps, mais qui ne peuvent rien décider sur notre vie éternelle (cf. Matthieu 10, 28). La première lecture, avec l'épisode du prophète Jérémie, est la grande preuve que Dieu délivre toujours des mains de leurs ennemis ceux qui lui restent fidèles : « Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable [...] il a délivré le malheureux de la main des méchants » (Jérémie 20, 11.13).
La grande estime du Père pour ses enfants
C'est Dieu qui nous a créés avec toute la valeur d'une créature choisie et toute la dignité humaine. Aucune créature n'a autant de valeur devant Dieu que l'homme. Le Christ nous le rappelle : même la disparition d'un petit moineau sur terre est sous son contrôle (cf. Matthieu 10, 29).
Qu'est-ce qui peut donc vous faire trembler alors que notre Père connaît chacun de nos pas ? « Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés » (Matthieu 10, 30). votre vie sur terre n'est pas inutile ; elle relève entièrement de son plan d'amour. Au-delà de tous les drames de ce monde ou de toutes tes souffrances personnelles, reste fidèle, car Dieu ne déçoit jamais : « Soyez donc sans crainte : vous valez plus qu'une multitude de moineaux » (Matthieu 10, 31).
La puissance de la confession de foi
Voici le moment où nous devons sceller notre existence avec Celui qui l'a voulue. Depuis la chute de l'homme par Adam, à aucun moment le Père ne s'est désintéressé de sa créature la plus chère : l'homme. Saint Paul n'hésite pas, dans la deuxième lecture, à prouver cet amour par le sacrifice d'un seul homme, Jésus-Christ, pour nous obtenir la vie éternelle. C’est une grâce divine dont nous bénéficions de façon complète par notre témoignage : « Si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude » (Romains 5, 15).
Notre confession de foi aujourd’hui sur terre est une préfiguration de l'éloge que le Christ nous réserve dans les cieux : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux » (Matthieu 10, 32). C’est le Christ lui-même qui, en nous donnant l’Esprit, confesse le nom du Père en nous. Puisque le Christ s'engage ainsi pour nous dans les cieux, engageons-nous concrètement pour Lui sur terre.
Sœurs et Frères dans le Christ,
Aujourd'hui est un grand jour, et nous ne pouvons pas sortir de cette Eucharistie comme nous y sommes venus. Je vous lance donc ce triple défi : dressez hardiment la tête au nom de votre foi devant ceux qui vous poussent à vous taire, sans jamais transformer la vérité en mensonge par peur (cf. Mt 10, 27) ; rejetez catégoriquement toute tristesse, quelle qu’en soit la cause, car le Père vous connaît de façon unique et compte chacun de vos pas (cf. Mt 10, 30) ; et enfin, refusez de vivre dans la contrefaçon ou la fausse modestie pour plaire au péché, car cette attitude bloque le moment de votre gloire auprès de Celui qui se déclarera pour vous dans les cieux (cf. Mt 10, 32-33).
Que cette Eucharistie nous fortifie et fasse de nous des acteurs courageux de la lumière. Amen.
Abbé Jean-Marie KONDE Muanda
TMNews@400626