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27 Jun
27Jun

Lectures de la messe

                                                                                                

  • Première lecture : « Celui qui s’arrête chez nous est un saint homme de Dieu » (2 R 4, 8-11.14-16a)

  • Psaume : (Ps 88 (89), 2-3, 16-17, 18-19) R/ Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante ! (Ps 88, 2a)

  • Deuxième lecture : Unis, par le baptême, à la mort et à la résurrection du Christ (Rm 6, 3-4.8-11)

  • Évangile : « Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi. Qui vous accueille m’accueille » (Mt 10, 37-42)

HOMELIE 

Sœurs et Frères dans le Christ, 

La Parole de Dieu ne fait pas de compromis. Elle bouscule nos priorités et nous invite à une conversion radicale : aimer Dieu au-dessus de tout, et accepter de tout perdre pour Lui afin de tout gagner. En entrant dans cette eucharistie, posons-nous la question : quelle place Dieu occupe-t-il réellement dans nos vies ? Sommes-nous prêts à lâcher nos fausses sécurités pour laisser Sa grâce couler à travers nous, à l’image de cette femme de Chounem dont la générosité fut divinement récompensée (cf. 2 R 4, 8-16) ? Approfondissons notre thème à travers trois méditations.

L’amour pour Dieu au-dessus de tout 

Dans le secret du cœur humain niche la tentation permanente de hiérarchiser nos affections. Nous entendons des enfants aimer un parent plus que l'autre, ou des parents confesser une préférence entre leurs enfants. Pourtant, dans l’économie de la vie divine, aucune créature ne peut supplanter le Créateur. L’amour dû au Seigneur ne souffre ni égal, ni comparaison : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » (cf. Dt 6, 5 ; Mt 22, 37) 

Cette souveraine priorité n’exclut nullement l'amour du prochain, puisque le commandement ajoute : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (cf. Lv 19, 18 ; Mc 12, 31) En nous invitant à le placer au sommet, le Christ élève l’amour humain. Il le purifie des passions fluctuantes, des attachements éphémères et de l’esprit mercantile. Car le véritable amour, pur et divin, s’accomplit toujours dans la donation de soi et le sacrifice.

Qui perd pour le Seigneur gagne 

Le sacrifice consenti pour le Christ transcende les efforts humains déployés pour arracher un trophée périssable. Le sacrifice chrétien est intrinsèquement pur : il jaillit d'une action de grâce fervente pour l'immolation du Christ, d'une reconnaissance filiale pour l'élection divine, et d'un élan missionnaire pour révéler la voie du salut. Dès lors, il ne s’agit plus de gémir : « Que vais-je gagner ? », mais de s’interroger avec audace : « Que puis-je faire gagner au Seigneur pour le salut des âmes ? », quitte à s'oublier soi-même (cf. Mt 16, 25). Si cette conviction habitait nos communautés, à commencer par leurs dirigeants, l’injustice, la haine et l’indifférence s'évanouiraient de nos églises. 

Malheureusement, tant que les chrétiens instrumentaliseront l’évangélisation pour sécuriser leur avenir terrestre, l’Église sera ébranlée de l’intérieur et livrée aux assauts extérieurs. Soyons prêts à tout perdre pour le Christ ! C’est ainsi que la Tête du Corps pourra ramener les enfants de Dieu éparpillés vers leur destinée. Comme le note saint Paul, par notre baptême dans sa mort, nous sommes mis en terre avec lui pour ressusciter et commencer une vie nouvelle (cf. Rm 6, 3-4).

La rosée divine par ses serviteurs 

Nous ne manifestons notre identité d'enfants de Dieu qu'en aimant le Seigneur au-delà de nos intérêts, en acceptant de tout sacrifier pour le salut du monde. C’est à ce prix que les grâces se répandent. Nous devenons alors des canaux spirituels — des prismes transparents — qui, après avoir reçu la bénédiction individuelle, la partagent collectivement. C’est le mécanisme de la bienveillance divine : elle part du cœur de Dieu, transite par les disciples, s’étend à l'humanité pour retourner à sa Source dans un hymne d’action de grâce. 

L’image de la femme de Chounem est édifiante : son hospitalité généreuse envers le prophète Élisée lui attire la promesse divine d'un fils (cf. 2 R 4, 16). Notre bienveillance se révèle quand nous acceptons d'immoler quelque chose pour le Seigneur. Dans la vie avec Dieu, les liens familiaux ou amicaux s'ajustent à la lumière de l'Évangile. C'est le Christ qui demeure notre unique priorité (cf. Mt 10, 37). 

La mission nous presse de porter notre croix avec fidélité (cf. Lc 14, 27). C’est à cette condition que nous pourrons accueillir ses serviteurs en son nom. En réalité, c’est le Verbe de Dieu que nous hébergeons lorsque nous accueillons ses envoyés (cf. Mt 10, 40). Rénovés par les eaux du baptême, nous entrons pleinement dans cette vie authentique.

Sœurs et Frères dans le Christ, 

Au cours de cette semaine, osons poser trois actes concrets : posons d'abord un geste gratuit par pur amour pour le Père sans aucune arrière-pensée d'intérêt personnel, lâchons ensuite nos fausses assurances et nos sécurités mondaines qui relèguent Dieu au banc de touche et bloquent le flux de nos propres bénédictions, et enfin, appliquons-nous à accueillir un serviteur de Dieu ou l'un de ces pauvres qui crient à nos côtés en leur manifestant une bienveillance et une attention renouvelées ; que le Dieu de paix ne cesse de vous sanctifier sur cette terre, jusqu'au jour béni où vous rejoindrez la patrie céleste, Amen.

Abbé Jean-Marie KONDE Muanda

TMNews@520626

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