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02 Aug
02Aug

HOMELIE

Sœurs et Frères Shalom,
Regardons notre course quotidienne. Nous nous épuisons à vouloir sécuriser nos vies par nos propres forces, en recourant trop souvent à l’avidité et à l’avarice. Pourtant, ce bonheur recherché avec tant de peine et à grand prix porte en lui-même son système de dégradation : il finit toujours par défaillir.
Le prophète Isaïe s’adresse à nous aujourd'hui avec un réalisme décapant : « Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? ». Par son témoignage, Dieu se révèle comme Celui qui donne gratuitement. Il nous crie : « Venez, achetez du vin et du lait sans argent, sans rien payer ! ». Notre Dieu n'est pas un marchand, c'est un Père qui pourvoit au besoin de son peuple. C’est Lui qui nous a faits, et nous sommes à Lui. Entrons en profondeur de cette méditation de ce 18e semaine du Temps Ordinaire de l'Année A avec ces trois traits.


Le scandale des intendants et le triomphe de la médiocrité


Alors, si Dieu donne en abondance, d'où vient la misère ? Notre difficulté majeure réside dans le partage équitable des biens destinés à tous. Regardons la réalité de nos sociétés : une infime minorité d’intendants s’est arrogé la plus grande part des richesses de la Terre, laissant à la multitude les déchets. C'est le règne de la médiocrité structurelle. Tant d’aides pompeusement apportées à la majorité souffrante n’offrent en réalité que des résidus sanitaires, des épluchures alimentaires et des casses éducationnelles. On donne les miettes au peuple pendant que les élites confisquent le festin. 

Comment arriverons-nous à apporter des solutions durables aux vrais problèmes qui touchent l’homme si nous sommes incapables de nous référer à son Créateur ? Si nous continuons à exclure Dieu de la gestion de sa propre création, nous ne produirons que de l'injustice.


Le Christ : Un Pasteur sans duplicité


C'est précisément pour cela que la foule a décidé de suivre Jésus au désert. Elle quitte les villes à pied, bousculée par une faim qui dépasse le simple besoin physique. Pourquoi court-elle vers Lui ? Parce qu’elle découvre en Jésus une totale transparence : aucune de ces duplicités morales qui actionnent si souvent nos dirigeants dans la politique, dans la société et voire dans l'église. En débarquant, le Christ ne calcule pas son temps, il ne protège pas son confort : Il eut pitié de la foule, il fut saisi de compassion.
La Bible souligne que le pain véritable, comme la Parole, provient de Dieu. Face à la détresse, les disciples proposent une logique de marché : « Renvoie-les ! ». Jésus brise ce schéma d'exclusion par un ordre direct : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Le peu que nous possédons, soyons prêts à l'offrir à d'autres qui sont plus dans le besoin.


La logique du miracle : Cinq pains, deux poissons et zéro calcul


Jésus se révèle comme le Pasteur indispensable, transformant la pénurie en abondance. À partir de nos maigres ressources (cinq pains, deux poissons), et dans une démarche de partage, la foule est nourrie. Cette action fait écho au Psaume 144 : « Tu ouvres ta main, Seigneur, nous voici rassasiés ». Le partage, sous le regard divin, produit un surplus (douze paniers).


Je finis mon partage d'aujourd'hui par ces mots avec l'affirmation de Saint Paul, aucun malheur ne peut nous séparer de l'amour divin. Cette certitude fait de nous des vainqueurs. L'Eucharistie est l'avant-goût du festin céleste. Dès lors, le mandat est clair : briser la duplicité, avoir compassion et partager concrètement. Amen.

Abbé Jean-Marie KONDE Muanda

TMNews@010826

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