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12 Sep
12Sep

Lectures de la messe                                                                              

  • Première lecture : « Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis » (Si 27, 30 – 28, 7)

  • Psaume : (Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 9-10, 11-12) R/ Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. (Ps 102, 8)

  • Deuxième lecture : « Si nous vivons, si nous mourons, c’est pour le Seigneur » (Rm 14, 7-9)

  • Évangile : « Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (Mt 18, 21-35)


INTRODUCTION DE LA MESSE

Sœurs et Frères Shalom, 

Venus de tous les quartiers de notre ville de Bangui et rassemblés dans notre Cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception, soyez les bienvenus à cette célébration du XXIVème Dimanche du Temps Ordinaire (Année A).

Aujourd’hui, le Seigneur nous convoque au cœur même du mystère de sa miséricorde. Nous venons souvent au pied de cet autel porter nos blessures, nos cœurs lourds, nos rancœurs nées des injustices de la vie, de nos déchirements familiaux ou des plaies non encore cicatrisées de notre histoire nationale. Pourtant, Jésus nous invite à un retournement intérieur radical : considérer l'immensité du pardon que Dieu nous accorde chaque jour pour nous rendre capables d'offrir la paix à nos frères et sœurs. Entrons dans cette eucharistie avec humilité, reconnaissant que nous sommes tous des débiteurs pardonnés, et demandons la grâce d'un cœur libéré de toute haine.


HOMELIE

Sœurs et Frères,

Les textes liturgiques de ce dimanche nous mettent face à un miroir exigeant mais salutaire. Un thème traverse avec force nos lectures : l’autocondamnation par le refus de pardonner.

Pourquoi croyons-nous si souvent avoir le droit de garder rancœur contre nos offenseurs, alors que devant la justice de Dieu, chacun de nous mériterait la condamnation ? Nous péchons tellement, et souvent nous oublions que nos fautes dépassent notre périmètre personnel. Par nos complicités passives, nos complaisances, nos médisances et nos jugements, nous propageons le mal autour de nous et dans nos familles. Parfois, nous osons nous déclarer innocents d'un mal qui frappe notre communauté, alors que nous y avons participé par notre silence ou notre rancune ou encore notre calomnie. Du haut du ciel, Dieu observe tous nos actes ; rien ne lui est caché. Et pourtant, dès que nous revenons vers Lui en versant des larmes sincères pour supplier sa grâce, Il se laisse fléchir. Dans sa tendresse infinie, Il efface nos dettes spirituelles.

Mais que faisons-nous ensuite ? Trop souvent, nous nous comportons exactement comme ce serviteur impitoyable de l’Évangile selon Saint Matthieu (Mt 18, 21-35). À peine sortis de la présence du Roi qui vient de nous remettre une dette incommensurable, nous sautons à la gorge de notre frère pour une bagatelle. Aucun humain ne peut prétendre être plus blessé par son frère qu’il n’a blessé Dieu par le péché. L’auteur du livre du Siracide nous avertit avec gravité : « Celui qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur : il lui tiendra des comptes rigoureux pour tous ses péchés » (Sira 28, 1).

Refuser de pardonner, c'est bloquer nous-mêmes le canal de la grâce. Rappelons-nous la parole du Christ : notre offrande ne peut être agréée sur cet autel si nous refusons de nous réconcilier avec notre frère (Mt 5, 24). Car le Christ n'est pas mort et ressuscité pour que nous vivions de manière égoïste, repliés sur nos amertumes, mais pour que nous devenions des témoins de sa vie (Rm 14, 7-9).

Ce pardon exigé par l'Évangile doit impérativement dépasser le simple cadre de nos relations individuelles. En fouillant au milieu de nous, nous savons combien les haines engendrées par les appartenances ethniques, politiques, régionales ou religieuses ont pu ravager notre tissu social. Si nous avons tant de difficultés à pardonner, c’est parce que nous n’avons pas encore mesuré la profondeur de la miséricorde de Dieu à notre égard. N'oublions jamais la prière que nous récitons quotidiennement : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. »

Pour que cette parole ne reste pas une simple théorie, je vous invite cette semaine à trois engagements concrets : faisons d'abord la vérité dans nos prières en nommant silencieusement devant Dieu, avant le Notre Père, la personne qui nous a blessés pour demander la force d'éteindre notre amertume. Osons ensuite faire le premier pas de la libération en adressant un appel, un mot ou un sourire sincère à ce proche ou collègue avec qui la relation est brisée. Enfin, refusons catégoriquement dans nos foyers et nos milieux de travail les discours de division tribale ou politique, en choisissant d'être, au quotidien, de véritables artisans de paix et de réconciliation.

Puisse la Vierge Marie, Notre-Dame de l’Immaculée Conception, patronne de cette Cathédrale et de notre pays, nous obtenir la grâce d'un cœur miséricordieux comme celui du Père. Amen.

Abbé Jean-Marie KONDE Muanda

TMNews@200926

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