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Introduction de la messe
Sœurs et Frères,
Bienvenue à toutes et à tous à cette célébration de l'eucharistie ! En ce 20ᵉ dimanche du Temps Ordinaire, la Parole de Dieu brise nos frontières. À travers la foi admirable de la femme étrangère dans l'Évangile, le Christ nous rappelle que le salut est universel. Dieu ne regarde pas nos origines, mais la sincérité de notre cœur.
Préparons-nous à célébrer ce mystère d'amour en reconnaissant nos fermetures de cœur et en demandant la miséricorde du Seigneur pour qu'il élargisse nos vielles habitudes à la mesure de sa grâce.
Homélie
Sœurs et Frères,
De la terre où nous poussons, nous y collectons des droits et des devoirs. Par l’apprentissage, nous intégrons un style de vie et même de foi. Malgré nos appartenances sociales, Dieu reste le Père de tous. Il a envoyé son Fils et il nous envoie à son tour pour que personne ne manque le salut. Car nous sommes tous enfants de Dieu, bénéficiaires de sa compassion et appelés à manifester notre engagement par la foi.
Tous enfants de Dieu par la foi
Dans la Bible, l’étranger est celui qui ne fait pas partie de la communauté ou de l’ethnie. Il vivait généralement dans une situation de misère telle que les lois l’assimilaient aux personnes vulnérables comme les veuves et les orphelins : « Il fait droit à l’orphelin et à la veuve, il aime l’étranger et lui donne le pain et le vêtement » (Dt 10, 18). C’est Dieu lui-même qui fait des faveurs aux plus humbles. C'est pourquoi, en choisissant un peuple, il a ouvert une voie pour ramener toutes ses créatures vers le salut universel.
Du côté du peuple, le souci d’organisation amène parfois à se constituer en communauté claustrée. Car la peur d’être infiltrée et désacralisée hante toutes les sociétés. Et pourtant, malgré le choix d’un peuple particulier, le salut qu’offre Dieu est universel, comme nous le lisons dans la première lecture. Le critère d’adhésion à la communauté universelle reste la profession de foi au Dieu Unique.
Dieu de compassion au-delà de nos murs
Israël a fait l’expérience de vivre à l’étranger jusqu’à ce que Dieu le ramène sur sa terre. En expérimentant le Dieu Unique au milieu de nations servant de multiples dieux, Israël a développé une spiritualité du pur et de l’impur. C’était une manière de se préserver contre toute contamination. Mais Dieu a toujours voulu, à travers ce peuple choisi, étendre la foi à toutes ses créatures.
Dans l’évangile de ce jour, la rencontre de Jésus et de la femme syro-phénicienne choque plus d’un lecteur de la Bible. Comment Jésus, Sauveur du monde, pouvait-il avoir un langage si dur à l’endroit de cette étrangère qui ne recourt qu’à son intervention ? En déclarant qu’il n’a été envoyé qu’aux brebis perdues du peuple d’Israël, Jésus révèle en réalité aux apôtres leur propre responsabilité future. Celle-ci consistera à aller vers toutes les nations pour proclamer cette Bonne Nouvelle qui passe d’abord par Israël.
Voyons! Chaque fois que les apôtres demandent à Jésus de renvoyer ceux qui les dérangent, le Maître oppose une solution qui les bouscule :
- Matthieu 14, 15-16 : « L’endroit est désert et l’heure est déjà passée. Renvoie cette foule pour qu’ils aillent s’acheter de quoi manger dans les villages voisins. » Mais Jésus leur dit : « Il n’est pas nécessaire qu’ils s’en aillent, donnez-leur vous-mêmes à manger. »
- Matthieu 19, 13-14 : À ce moment-là, on lui amena des enfants pour qu’il prie pour eux en leur imposant les mains. Mais les disciples les recevaient très mal. Alors Jésus dit : « Laissez les enfants et ne les empêchez pas de venir près de moi... »
De ce qui précède, il est clair que Jésus ouvre une nouvelle manière pour les apôtres de se préparer à leur mission. Saint Paul le répétera mieux dans la deuxième lecture : « Écoutez-moi, vous qui n’êtes pas juifs, je suis apôtre des non-Juifs, et je remplis cette charge de mon mieux. » De l’autre côté, la femme syro-phénicienne n’a pas été épargnée par cette catéchèse qui responsabilise chacun.
La radicalité dans la profession de foi
Après que Jésus s’est adressé aux apôtres, c’est la femme étrangère qui se jette à ses pieds : « Seigneur, fais quelque chose pour moi ! ». Dans plusieurs interventions miraculeuses de Jésus, cette phrase suffisait pour que l'on reçoive une réponse immédiate. Mais le Maître, se trouvant à la frontière de Tyr et Sidon – ces villes païennes maudites par les prophètes (Is 23, 1-12 ; Jr 47, 4) – rappelle à cette femme sa situation spirituelle. Était-elle capable de s’élever, par sa foi, au niveau des enfants qui mangent à la table du Seigneur ?
Oui, elle fait preuve d’une foi immense en acceptant l'analogie des « petits chiens » et se montre prête à recevoir les simples miettes de la table divine. Le Maître n’avait alors plus qu’à louer la foi de cette femme, étrangère par ses origines mais véritable enfant du Père par sa foi : « Femme, ta foi est grande, que la chose se fasse comme tu le veux. »
Engageons-nous en ce dimanche pour que notre foi ait de vraies racines, permettant ainsi à notre entourage de participer au bonheur du salut universel. Ainsi soit-il!
Abbé Jean-Marie KONDE
TMNews@310826