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Sœurs et Frères,
N’ayez pas peur ! » Ces mots du Saint Pape Jean-Paul II résonnent aujourd’hui comme un ordre de mission. Dieu nous offre une vie merveilleuse, mais parsemée de défis. Trop souvent, la peur nous installe dans l’illusion. Nos souffrances quotidiennes sont rarement réelles en soi ; ce sont nos anxiétés et nos blessures qui amplifient la réalité. Nos sens interprètent alors le silence ou l’imprévu comme un danger imminent. Aujourd'hui, la Parole de Dieu nous presse de combattre cette peur par un courage authentique, nourri par la foi.
Pour y parvenir, les textes de ce jour nous tracent un itinéraire spirituel en trois étapes indispensables : nous devons d'abord découvrir le silence de Dieu loin du tumulte du monde, puis comprendre la pédagogie divine cachée derrière nos tempêtes, pour enfin oser le choix de la foi face au chaos de l'existence.
Pour chasser la peur, apprenons à reconnaître la présence de Dieu. Le prophète Élie, fatigué et effrayé, cherche le Seigneur sur l'Horeb. Un ouragan brise les rochers, un séisme secoue le sol, un feu éclate. Notre monde court après ce genre de sensationnel, pensant que Dieu se manifeste dans le bruit ou le spectaculaire. Pourtant, l'Écriture enseigne qu'il n'était ni dans l'ouragan, ni dans le séisme, ni dans le feu. Il s'est manifesté dans le murmure d'une brise légère. Sans racines profondes, nous cherchons Dieu dans le désordre et nous paniquons. La vraie foi fait écouter Dieu dans le silence et la paix de la prière.
L’Évangile nous plonge ensuite au milieu d'une nuit de tempête. Les disciples sont dans la barque, secoués par les vagues et bloqués par un vent contraire. Pourquoi endurent-ils cette épreuve ? Parce que Jésus lui-même les a obligés à monter dans cette barque. Le Maître voulait les éloigner et les préserver des illusions de la foule qui, après le miracle de la multiplication des pains, voulait le faire roi de la terre.
Pendant que ses disciples rament avec difficulté, Jésus est sur la montagne, seul avec son Père. Parfois, dans nos vies familiales, professionnelles ou de santé, nous crions : « Seigneur, où es-tu ? Pourquoi m'as-tu laissé dans cette tempête ? » Comprenons-le bien : le Christ ne nous abandonne pas. Il nous détache des fausses sécurités du monde pour tester et fortifier notre confiance en lui.
Au cœur de la nuit, Jésus vient vers eux en marchant sur la mer, piétinant ainsi les forces du chaos et du mal. Mais au lieu d'être rassurés, les disciples crient de peur : « C’est un fantôme ! » Leurs anxiétés déforment la réalité. C’est alors que la voix du Maître transperce l'obscurité : « Confiance ! C’est moi, n’ayez plus peur ! » L'attitude de Pierre résume notre propre combat spirituel. Tant qu'il écoute la parole de Jésus (« Viens ! ») et qu'il fixe son regard sur lui, Pierre marche sur les eaux, dominant l'impossible. Mais dès qu'il regarde la force du vent, la peur l'envahit et il s'enfonce.
Sœurs et Frères, c'est exactement ce qui se passe dans notre quotidien à travers des réalités bien concrètes qui bousculent nos vies. Nos anxiétés faussent notre quotidien face aux épreuves : Devant le tragique accident de ce vendredi 7 août à Bangui, la douleur et l’incompréhension nous submergent; face à la maladie, le venin de la panique remplace la prière; devant les dettes, l'angoisse financière nous plonge dans la dépression, et face aux dérives d'un enfant, nous sombrons dans le désespoir.
Quand nous quittons le Christ des yeux pour regarder la taille de nos problèmes, nous coulons. Heureusement, sa main reste tendue. Au cri de détresse : « Seigneur, sauve-moi ! », Jésus le saisit aussitôt pour nous empêcher de couler.
Concluons notre méditation par ces mots d'ordre : Laisser le Christ monter dans notre barque
Dès que Jésus monte dans la barque avec Pierre, le vent tombe et le calme revient. Sœurs et Frères, celui qui a le Christ avec lui ne peut rien craindre. La véritable foi en Jésus doit éradiquer toute peur face aux tempêtes de notre existence.
Ne laissons plus nos anxiétés inventer des dangers là où Dieu veut simplement faire grandir notre foi. Ouvrons-lui l'espace de nos vies, laissons-le calmer nos tempêtes et, comme les disciples, prosternons-nous devant lui en proclamant : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » Amen.
Abbé Jean-Marie KONDE Muanda
TMNews@200826